Monday, June 4, 2018

Live, Friend, Taste...

Live, Friend, Taste...
by Charles Boulley-Duparc (1922)
translation by Bruce Wodhams & Bruce Miller (2018)

Live, friend, let us taste the sublime days of our age,
Fleeting joys, like blithe travels in which we engage.
Entreat us!  From the shifting tangle pick the rose,
A summer radiant, now quite satisfied shows
Its gifts that autumn only offers in torment.
We live! And that, dreaming of youth e’er infinite
Brings us to Old Winter that we’ll call spring again.
And when September paints the garden dark in spin,
Some sad care then delivers me thoughts of the fall.
I care not to love those fading leaves that now call
A sour wind where the pond turns a green to endure
And the water’s stream weeps a forbidden azure.
Go!  All the seasons are seasons blissfully whole,
Open your eyes, an offer from a gracious soul
Of worlds animated where each season abounds
In their manifest rhythms, colors, shapes and sounds!


Vivons, Ami, Goûtons... 

Vivons, Ami! goûtons les beaux jours de notre âge!
D'éphémères plaisirs comme de gais voyages
Nous appellent! — Cueillons des roses aux rosiers!
Le radieux été s'en va rassasié
Des présents que l'automne offre à son agonie :
Vivons! et que, rêvant de jeunesse infinie,
Pour nous le vieil hiver soit un printemps encor!
Quand septembre aux jardins dresse un sombre décor,
Quelque triste souci que m'apporte l'automne,
Je ne laisse d'aimer ces feuilles que moissonne
La bise aigre devant le bassin qui verdit,
Et le jet d'eau qui pleure un azur interdit!
Va! toutes les saisons sont des saisons heureuses!
Ouvre les yeux, regarde : une ame  genereuse
Animant l'univers t'offre en chaque saison
Des rythmes, des couleurs, des formes et des sons!

The Gentians

The Gentians
by Raymond Cortat
translated by Bruce Miller & Bruce Wodhams (2018)

Within a discrete spike, your burst of yellow does emerge
on stark mountainsides where the punishing gusts of wind surge;
and while your rough bundles bristle in turbulent weather,
still you encompass the infinite swell of the heather.

Above all, while noon quivers in the heart of the clearing,
around the placid stone huts where flocks slumber unfearing,
you draw strength from whence the ancient lava flow now bespeaks
of your intoxication in the splendor of proud peaks.

I venerate you, oh, sisters of sovereign summers whom
in your leaves like varied jewel boxes now justly presume
to distribute the treasure of such a prosperous bloom.

And because my verses have nursed fully at the same breast,
the same inebriation, the same bitter milk accessed,
they are, like you, exquisite, flourishing and e’er so blessed.

Les Gentianes

D'un seul jet, vous fusez dans l'éclat des lumières 
Sur les monts où le vent élargit ses assauts,
Et le hérissement de vos rudes faisceaux
Contient à l'infini la houle des bruyères.

Surtout, lorsque midi vibre au coeur des clairières 
Et couche, autour des burons calmes, les troupeaux, 
Vous puisez votre force aux laves des plateaux
Et votre ivresse en la splendeur des cimes fières.

Je vous vénère, ô soeurs des Etés souverains,
Qui dans vos feuilles, comme en de larges écrins, 
Déployez le trésor des floraisons prospères;

Et parce que mes vers ont tris aux mêmes seins 
La même ivresse et les mêmes sèves amères,
Ils sont, ainsi que vous, magnifiques et sains.